Le ciel nous apparaît comme un décor. Quelque chose là-haut, qui oscille entre le bleu et le gris. Mais dès que l'on s'élève de quelques centaines de mètres au-dessus du sol, il devient évident que le ciel n'est pas un décor mais un paysage à part entière, avec une structure, des couches et des frontières nettes. Voici quelques-uns des plus beaux phénomènes que l'on y observe, et l'explication simple qui se cache derrière chacun.
L'arc-en-ciel circulaire
Nous connaissons tous l'arc-en-ciel comme un demi-cercle. Ce n'est pas sa véritable forme : un arc-en-ciel est un cercle complet, dont nous ne voyons simplement jamais la moitié inférieure, masquée par le sol. Du ciel, le soleil derrière l'appareil et les gouttes de pluie devant, le cercle se referme. On voit un anneau coloré entier, et en son centre, si les conditions sont exactes, l'ombre de l'appareil lui-même.
Le phénomène se produit parce que chaque gouttelette d'eau agit comme un minuscule prisme : la lumière y pénètre, se réfracte, se réfléchit sur la paroi arrière et ressort selon un angle fixe d'environ quarante-deux degrés par rapport à la direction de la lumière. Toutes les gouttes situées précisément sous cet angle depuis notre œil composent ensemble l'anneau.
La gloire autour de l'ombre
Il existe un phénomène plus rare encore et plus beau, appelé gloire. En survolant une couche de nuages bas avec le soleil dans le dos, de petits anneaux colorés apparaissent parfois exactement autour de l'ombre de l'appareil sur les nuages. Contrairement à l'arc-en-ciel, la gloire naît d'une rétrodiffusion de la lumière dans des gouttelettes nuageuses particulièrement minuscules, et sa taille dépend de celle des gouttelettes. Autrement dit, sans rien savoir du nuage, on peut en déduire quelque chose sur sa structure interne.
La ligne de la brise de mer
En fin de matinée, la mer se met au travail. La terre se réchauffe plus vite que l'eau, l'air au-dessus s'élève, et l'air frais venu du large s'engouffre pour prendre sa place. C'est la brise de mer, ce vent d'ouest agréable qui atteint la côte vers midi.
Du ciel, on voit ce qui se passe à son extrémité : le front d'air marin frais pousse vers l'est et soulève l'air chaud devant lui. Là où cela se produit se forme une rangée de nuages blancs, le plus souvent au-dessus des montagnes. C'est une ligne de nuages étonnamment droite au milieu d'un ciel parfaitement bleu, et elle marque la frontière exacte entre deux masses d'air.
Pourquoi l'air est lisse le matin
Les pilotes aiment les premières heures du matin, et la raison physique en est simple. Le soleil n'a pas encore eu le temps de chauffer le sol, aucune thermique ne s'est donc formée, ces colonnes d'air chaud qui montent comme des bulles. Sans thermiques, l'air est parfaitement calme et le vol lisse comme du verre. C'est aussi pourquoi la plupart des photographies aériennes marquantes sont prises le matin : non seulement pour la lumière rasante et les ombres longues, mais parce que l'appareil photo est stable.
La couche d'inversion
Par une journée d'été typique, on peut voir du ciel un phénomène qui semble presque artificiel : une couche de brume claire étalée au-dessus de la région, surmontée d'une limite parfaitement nette, et au-delà un air limpide. C'est l'inversion. Normalement la température baisse à mesure que l'on monte, mais il se forme parfois une couche où c'est l'inverse, et elle agit comme un couvercle empêchant l'air situé en dessous de s'élever. Toute la poussière et l'humidité s'y trouvent piégées. D'en bas, cela ressemble à une journée grise. D'en haut, on voit exactement où le couvercle s'arrête.
L'hiver qui lave l'air
Les plus belles journées de visibilité lointaine en Israël surviennent justement après une tempête. Un système pluvieux lessive l'air des minuscules particules en suspension et amène un air froid et sec venu du nord. Le résultat est une transparence exceptionnelle : un tel jour, on distingue du ciel les sommets du nord et la crête enneigée à plusieurs dizaines de kilomètres, un panorama qui n'existe tout simplement pas le reste de l'année.
Et pourquoi les couchers de soleil du printemps sont si rouges
Aux saisons de transition, des masses d'air chaud atteignent Israël depuis le désert, portant parfois une poussière très fine venue du Sahara et de la péninsule Arabique. Ces particules diffusent la lumière bleue et laissent passer le rouge : le soleil apparaît alors comme un grand disque orange et le ciel entier prend une teinte cuivrée. Du ciel, l'effet est doublé, car on voit la couche de poussière de profil et non seulement au travers. Ce sont les couchers de soleil les plus spectaculaires de l'année.
Le ciel change d'heure en heure, et chacun de ces phénomènes est l'indice de quelque chose qui se joue à une bien plus vaste échelle. Qui prend l'habitude de lever les yeux découvre qu'il n'y a jamais deux jours identiques.השמיים משתנים כל שעה, וכל תופעה כזאת היא רמז למשהו שקורה בקנה מידה גדול הרבה יותר. מי שהתרגל להסתכל למעלה מגלה שאין שני ימים זהים.